L'Ours Avec Nous

Francouvertes 2010 : soirée #7

Ce soir encore, il y avait aux Francouvertes des gens qui n’avaient jamais vu un spectacle. Un indice pour eux : si vous êtes debout devant des gens assis, ceux-ci risquent de ne voir que votre dos.

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Bujo

Entre ses machines, son clavier et sa guitare, Bujo a mené une salve musicale bien appuyée, quelque part entre l’électro et le rock. Le tout perdu dans le détour des années 80, remis au goût du jour et assaisonné de quelques surprises musicales. Les compositions sont solides et les arrangements aussi. Les musiciens sont visiblement bien en contrôle, enthousiastes et de plus, chose surprenante, c’est meilleur sur scène qu’en studio. Une chose rare quand on joue si près de l’électro.

Sans que ce soit une catastrophe (loin de là, vraiment), les textes sont le point faible de l’affaire. Tâter de l’urbanité et du franc parler de tous les jours est un but noble, mais difficile à atteindre. D’autre part, si Bujo a une facilité évidente avec les instruments, sa livraison vocale ne rachète pas les textes et sonne toujours un peu racoleuse.

Reste qu’il y avait là bien du talent et qu’on a passé un bon moment.

Photo : Sophie Samson

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Alex Nevsky

À la lecture des textes d’Alex Nevsky, avant son entrée sur scène, on s’attendait au pire; on a finalement obtenu avec lui le meilleur de la soirée. Il faut savoir livrer un texte avec une candeur particulière pour dire, sans faire broncher: « Embrasse-moi ma chérie si l’amour n’est pas un slogan ». Mais quand ce talent se double de compositions à la croisée de l’art rock et des ballades au piano, quand les musiciens suivent avec dextérité ce qui se trame dans chaque bruit, dans chaque mesure, on est en présence d’un cas d’exception.

La présence un peu éthérée du chanteur sur scène a provoqué plusieurs situations cocasses qu’il a toutes très bien rattrapées, donc encore là, peu de reproches à faire. En fait, ce qui fait mal, c’est que deux chansons jouées ce soir-là contenaient de l’anglais. Quelques phrases seulement, il est vrai, et je n’irai pas poser une bombe dans un Second Cup pour autant. Mais des vers complets en anglais aux Francouvertes ? Vraiment pas nécessaire, surtout s’ils ont pour effet de rendre votre musique banale.

Franchement, M. Nevsky, vous avez assez de talent pour ne pas vous appuyer sur cette solution facile.

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Micros Armés

Il y en avait du monde sur la scène durant la prestation du collectif hip hop Micro Armés. Neuf personnes en tout : trois rappeurs, un DJ, un bassiste et… 3 danseurs. Ces derniers ajoutaient d’ailleurs au spectacle autant d’énergie que de confusion visuelle.

Micro Armés a aligné plusieurs des clichés les plus éculés du hip hop, du « On représente » à la chanson qui parle de faire du hip hop. C’est dommage qu’un groupe relativement talentueux ne pousse pas plus loin les limites de son territoire. Les textes engagés exprimaient une révolte apprise plus souvent de d’autres révoltes que par la réflexion et l’analyse, mais ils n’étaient pas dénués pour autant de rythme et de talent.

Il y a bien eu quelques refrains accrocheurs, mais au final, c’était du hip hop comme on en a souvent vu et entendu. Pour nous, la vibe a beaucoup moins bien passé que lors de la prestation de Karma Atchykah et The Consequences. (Notez le « Pour nous »)

Ce n’est pas interdit de faire du hip hop aux Francouvertes. Mais il faudrait en faire du plus original.

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Le décompte final de ces préliminaires est donc :

Bernard Adamus
Caloon Saloon
Monogrenade
Micros Armés
L’Ours
Louis-Philippe Robillard
Philémon
Violett Pi
Alex Nevsky

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Lundi prochain aux Francouvertes : L’Oreille du Tigre vous proposera une rétrospective des préliminaires, et des conseils aux groupes et aux fans des groupes en demi-finales.

Ça nous fera patienter jusque là.

On va peut-être même mettre un podcast en ligne. Iiiiiiiiiii !!
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Par le 23 mars 2010, dans la rubrique Actualités

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